Eruption volcanique en Islande : comment des barrières érigées à la hâte ont aidé à contenir la coulée de lave et protéger les communautés

Eruption volcanique en Islande : comment des barrières érigées à la hâte ont aidé à contenir la coulée de lave et protéger les communautés

Protection contre l’éruption en Islande : les défenses érigées protègent Grindavik

Face à la menace incessante d’éruption volcanique qui pèse sur le petit port islandais de Grindavik, des équipes ont dû édifier en urgence de solides défenses. À l’aube du 15 janvier, un rempart imposant de deux kilomètres de long s’élevait, prêt à contrer les assauts de la lave en fusion.

Ari Gudmundsson, ingénieur chez Verkis, affirme que ces efforts intensifs, menés de jour comme de nuit, avaient pour but de devancer l’arrivée imminente de flux de lave. Depuis 800 ans, Grindavik avait été épargnée par toute activité volcanique, mais depuis trois ans, la terre y est en ébullition, signalant cinq éruptions successives.

Les stratégies de défense

  • Détournement de lave – Patrick Allard, éminent volcanologue de l’Institut de physique du globe de Paris, explique que la première méthode consiste à modifier le parcours de la lave en érodant les contours des coulées existantes pour canaliser leur direction.
  • Construction de barrages – L’autre tactique se spécialise dans l’édification de barrières destinées à retenir la lave ou à freiner son avancée. Cette approche islandaise, éprouvée lors de précédentes éruptions, a prouvé son efficacité.

Les barrières constituent une mesure de protection essentielle, notamment près des zones peuplées, car elles peuvent endiguer la progression de la lave dont la température avoisine souvent les 1 000 degrés Celsius.

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Des leçons tirées d’expériences internationales

Les épopées volcaniques survenues à Hawaï et autour de l’Etna ont apporté des connaissances cruciales aux ingénieurs islandais. Inspirés par ces cas, Verkis avait déjà testé ces barrières en 2021 dans la vallée de Geldingadalir. Face à une éventuelle catastrophe, le Parlement islandais a approuvé une taxe spécifique destinée à financer ces initiatives salvatrices. Ces mesures préventives ont inclu le renforcement de la centrale géothermique de Svartsengi, un point névralgique pour la région.

Une course contre la montre

Au début, alors que les travaux de construction progressaient à grand pas, le pire scénario imaginable s’est concrétisé : une fissure menaçante s’ouvrait à proximité immédiate de Grindavik. Grâce à des calculs prédictifs et des analyses topographiques, les ingénieurs comme Gudmundsson ont su anticiper les zones à risque et organiser la construction de digues protectrices en conséquence.

Leur persévérance a porté ses fruits. Malgré une ouverture restante sur le passage principal, les équipes sont intervenues d’urgence pour colmater la brèche, arrêtant de justesse l’écoulement de lave.

Succès et pertes

Toutefois, bien que des destructions furent inévitables — trois habitations en l’occurrence ont été dévorées par le feu — l’instauration des barrières a été vitale pour la protection de nombreux foyers. Quelques logements ont dû affronter des dommages collatéraux, tels que des câblages électriques et des conduites d’eau chaude endommagés.

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Et après ?

Malgré un flot de lave moins impressionnant dans la nouvelle fissure, et l’annonce d’une évacuation préventive, la ville de Grindavik reste sous haute surveillance. Les résidents, bien qu’ils aient été autorisés à revenir, restent prudents et observent l’évolution de la situation, la menace de l’éruption n’étant pas totalement écartée.

Gudmundsson exprime son optimisme prudent : la lave, pour l’heure stoppée par les remparts, commence à se solidifier. Cependant, il reste vigilant quant à l’évolution prochaine, tout comme ses collègues étrangers qui admirent l’efficacité des mesures mises en œuvre à Grindavik — une véritable prouesse technique faisant preuve de pragmatisme et de savoir-faire.

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