La résurgence du militantisme étudiant : étude de cas à l’université de Grenoble

La résurgence du militantisme étudiant : étude de cas à l’université de Grenoble

Le renouveau de l’activisme étudiant à Grenoble : une analyse par le prisme du laboratoire Pacte

Alors que l’on pensait avoir déjà observé toutes les facettes de l’université, le laboratoire grenoblois Pacte, reconnu pour ses travaux en sciences politiques et sociales, se retrouve au cœur de polémiques militantes. Cet institut de recherche s’est distingué une nouvelle fois par le biais d’un séminaire qui soulève des questions quant à son impartialité scientifique.

Un séminaire controversé explorant politique et montagne

L’événement académique intitulé « Migrations, tourisme, politique : quand la montagne devient politique » comporte deux exposés. Le premier s’interroge sur le statut des « professionnel.le.s » dans les sports de montagne tandis que le second, bien plus controversé, est nommé « Violence aux frontières alpines : une (contre-)enquête transdisciplinaire à la recherche de vérité et justice ». Ce dernier se penche sur les circonstances entourant le décès de Blessing Matthew, jeune migrante nigériane, lors de sa tentative de franchissement de la frontière franco-italienne.

Détournement d’un cas individuel et recherche universitaire

Ce cas tragique a été initialement jugé par la justice qui n’a pas trouvé matière à poursuivre une enquête en l’absence d’éléments probants. Cependant, l’entourage de la défunte et des collectifs engagés souhaitent faire de ce drame un symbole des défaillances institutionnelles françaises et ont porté l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Il est courant pour des activistes d’exploiter divers éléments au service de leurs desseins. Toutefois, l’association entre la démarche académique et le militantisme interpelle, là où l’on attendrait des chercheurs une rigueur conforme aux méthodes consacrées en sciences sociales.

Confusion des genres : entre recherche et militantisme

La dimension préoccupante de ce séminaire réside dans l’amalgame qui est fait entre la quête universitaire et l’activisme, mais aussi entre l’enquête judiciaire et la recherche en sciences sociales, alors qu’il existe une ligne de démarcation claire entre les deux. Une telle interprétation des faits risque de brouiller la distinction essentielle entre la vérité scientifique et la vérité judiciaire.

L’intention des initiateurs de l’étude est peut-être louable, mais leur approche pose question, semblant davantage axée sur la critique que sur la compréhension des phénomènes sociaux. Ainsi, un établissement de recherche s’engage dans une voie qui pourrait laisser entrevoir une dérive dans la perception et dans la modération de l’engagement militant parmi les jeunes chercheurs.

Quand l’autocritique universitaire devient nécessaire

La capacité d’autocritique est une valeur que l’université encourage souvent en dehors de ses murs. Or, face à de telles situations, il conviendrait que les universitaires revisitent cette exigence en l’appliquant d’abord à leur propre institution.

À propos de l’auteur : Vincent Tournier est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Grenoble. Il a centré ses recherches sur les comportements politiques. En 2021, suite à des accusations d’étudiants, il a été confronté à une polémique médiatisée autour de présumés propos controversés. En 2022, l’école de Sciences Po Grenoble s’est vue retirer un financement régional pour une prétendue dérive idéologique mise en lumière par Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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