Décryptage : Impact de la forme des nanofibres sur la fibrose pulmonaire

Décryptage : Impact de la forme des nanofibres sur la fibrose pulmonaire

Compréhension de l’impact des nanofibres sur la maladie pulmonaire

L’interdiction tardive de l’amiante en France

Des débats ont persisté durant des années avant que la France ne décide d’interdire l’amiante en 1997. Bien que ses dangers pour la santé soient connus depuis des siècles, son usage massif n’a cessé qu’après des preuves scientifiques accumulées au siècle dernier, démontrant sa toxicité causant inflammations, fibroses pulmonaires et cancers. Cependant, cette interdiction est survenue tardivement, entraînant ainsi le drame national connu sous le nom de « scandale de l’amiante », responsable de la mort de 35 000 individus entre 1965 et 1995 due à l’exposition à cet agent pathogène.

Le rôle de la géométrie des nanofibres dans la fibrose pulmonaire

Au-delà de la composition chimique de l’amiante, récemment, l’attention s’est portée sur l’influence de la forme des nanofibres dans l’apparition de maladies. Christian Amatore de l’École normale supérieure de Paris et des collaborateurs chinois ont découvert un lien entre la forme des nanofibres de verre – similaires à l’amiante et aux nanotubes de carbone – et l’émergence de pathologies pulmonaires.

Interaction des fibres avec les macrophages et conséquences

  • Phagocytose inefficace : Les macrophages tentent de détruire les nanofibres via la phagocytose, mais échouent lorsque ces dernières sont trop longues (au moins 15 micromètres).
  • Phagocytose frustrée : Les macrophages ne parvenant pas à les digérer, les fibres persistent et la phagocytose reste inachevée.
  • Emissions nocives : L’impossibilité d’englober les fibres conduit les cellules immunitaires à libérer des substances réactives de l’oxygène et de l’azote dans les tissus alentour, causant des dommages.

Des études sur le vivant et en laboratoire ont mis en lumière que cet acte manqué des macrophages provoque un stress chronique et des lésions aux tissus pulmonaires, aboutissant à des fibroses chez les rongeurs exposés à ces particules inertes.

Implications pour les matériaux de construction modernes

Cette récente étude soulève des inquiétudes quant à l’usage des nanofibres dans le domaine de la construction, où elles sont souvent employées comme substituts à l’amiante. Il semblerait que ces alternatives modernes puissent présenter des risques similaires de maladies pulmonaires pour les individus en contact fréquent avec ces matériaux.

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