Le Royaume-Uni post-Brexit : vers la transformation en paradis fiscal mondial ?

Le Royaume-Uni post-Brexit : vers la transformation en paradis fiscal mondial ?

Transformation du Royaume-Uni en havre fiscal : Réalité ou Fiction Post-Brexit ?

Préfiguration du Royaume-Uni dans l’ère Post-Brexit

En analysant les perspectives du Royaume-Uni après sa sortie de l’Union européenne, l’hebdomadaire “L’Obs” a sollicité les avis divergents de deux experts sur cette question complexe. David Lidington, ancien bras droit de Theresa May, émet un message de tranquillité, promettant une collaboration fructueuse et mutuellement avantageuse entre le Royaume-Uni et l’Europe (voir l’entretien complet de David Lidington). À l’opposé, Marc Roche, journaliste expérimenté basé à Londres, préfigure un Royaume-Uni transformé et potentiellement risqué pour l’Europe, avec un accroissement de l’inégalité et une régulation accrue de l’immigration (lire l’interview complète de Marc Roche).

Approche à la Problématique Irlandaise

Avec le Brexit approchant et l’absence de compromis entre le Royaume-Uni et l’Europe, la question d’une frontière physique entre les Irlandes est centrale. Lidington souligne qu’une grande partie de l’accord est déjà en place, ne restant que le débat sur le “backstop” comme obstacle principal. Il reste positif sur la conclusion d’un accord prochain (en savoir plus sur la question irlandaise). Roche, quant à lui, indique que la pression démographique pourrait à terme réunifier les Irlandes, réduisant l’importance de cette problématique pour la majorité des Britanniques qui maintiennent un désintérêt notable pour l’Irlande du Nord.

Royaume-Uni : Futur Paradis Fiscal ?

Confronté à la notion d’un Royaume-Uni devenant une énorme zone d’exonération fiscale, Lidington défend le plan Chequers, mettant en lumière les engagements pris par le Royaume-Uni sur le plan social et environnemental, et prévoyant même l’idée d’un renforcement des règles financières dépassant les normes de l’UE.

Inversant la tendance, Roche souligne que le Royaume-Uni agissait déjà comme un paradis fiscal, avec un réseau notoire de territoires offshore. Il anticipe peu de changements réglementaires majeurs à la suite du Brexit, mis à part une éventuelle détente sur les plafonnements appliqués aux bonus bancaires. Roche entrevoit également une opportunité pour les investisseurs non-européens, notamment les Chinois, de tirer avantage du nouveau statut de Londres, renforçant son rôle de plateforme financière (approfondir l’opinion de Marc Roche).

Possibilité d’un Nouveau Référendum

Face aux difficultés des négociations et des divisions politiques grandissantes, Lidington ne voit pas l’intérêt ou la volonté politique d’organiser un nouveau référendum, préconisant d’accepter le résultat initial et de se rassembler pour aller de l’avant. Roche affirme que les résultats du premier référendum sont indiscutables et que les demandes d’un second sont déconnectées de l’électorat, particulièrement de la majorité qui reste favorable au Brexit.

Enjeux de l’Immigration

Le vote favorable au Brexit était partiellement animé par des préoccupations liées à l’immigration, un sujet que Lidington a souvent rencontré sur le terrain. Il met l’accent sur l’impression d’un manque de contrôle sur le nombre d’arrivants comme une source majeure d’inquiétude. Cependant, Roche remarque que la question de l’immigration s’est estompée, les préoccupations britanniques s’étant déplacées vers d’autres enjeux domestiques tels que le logement et la santé.

Leurs rôles respectifs au sein du gouvernement britannique et dans la presse donnent à David Lidington et Marc Roche des perspectives singulières sur le futur du Royaume-Uni post-Brexit, dessinant un paysage où les incertitudes politiques et économiques s’entremêlent avec les aspirations nationales et les contraintes internationales.

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