L’Algérie met en œuvre une nouvelle mesure économique à l’égard du Maroc : analyse et implications

L’Algérie met en œuvre une nouvelle mesure économique à l’égard du Maroc : analyse et implications

De nouvelles orientations dans la politique commerciale algérienne vis-à-vis du Maroc

Réaffirmant sa souveraineté économique, l’Algérie adopte une directive économique inédite à l’encontre du Maroc. Cette évolution découle de la dégradation des relations diplomatiques entre les deux nations, cristallisée notamment par la suspension du commerce aérien avec le Maroc ainsi que l’expiration du contrat lié au gazoduc Maghreb-Europe en 2021.

La nouvelle stratégie consiste à exclure les biens transitant par des infrastructures portuaires marocaines de l’accès au marché algérien. Cela a été acté suite à la redynamisation des transactions commerciales algéro-espagnoles, suite à un arrêt de 18 mois, et marquées par le renouvellement des liens politiques entre ces deux pays.

Exclusions et réajustements des échanges commerciaux

  • Désormais, toutes marchandises en provenance ou ayant transité par le Maroc seront interdites d’importation sur le sol algérien.
  • Les entités bancaires algériennes ont relayé une note interdisant les contrats incluant des escales ou transits via des ports marocains.

Interprétations et réactions face à cette décision

À travers le prisme de la presse marocaine, la mesure est perçue comme une attaque ciblée, notamment contre le complexe portuaire d’envergure Tanger Med, ce qui pourrait engendrer une escalade des coûts de transport maritime pour l’Algérie. Certains analystes voient en cette démarche une réponse au désir du Maroc d’étendre ses liens économiques avec les nations sahéliennes.

Il convient toutefois de noter que les médias marocains tendent à omettre que cette décision s’inscrit dans une logique de gestion autonome des affaires économiques et politiques de l’Algérie. Cette logique économique résolue avait déjà par le passé inclus des mesures encore plus contraignantes pour le Maroc.

Il est envisageable que cette directive stimule les ports espagnols, réduisant par la même occasion l’influence des ports marocains au sein de la région maghrébine.

Des chiffres qui parlent

Indicateurs économiques révélants la place prépondérante de l’Algérie dans les importations maghrébines :

  1. Importations prévues pour 2023 : Plus de 41 milliards de dollars.
  2. Prévisions pour 2024 selon la Loi de finances : 43,5 milliards de dollars.
  3. Projection pour 2025 et 2026 : 47,4 milliards de dollars.

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Les antécédents des résolutions économiques algérie-marocaines

Les rives méditerranéennes ont été témoins de plusieurs actions économiques de la part de l’Algérie en réaction aux politiques marocaines. Cela inclut en particulier la non-prolongation de l’accord concernant le Gazoduc Maghreb-Europe, qui arrivait à échéance fin octobre 2021 et favorisait l’acheminement de ressources énergétiques algériennes vers l’Europe en passant par le Maroc.

L’Algérie a en outre posé des conditions spécifiques à l’Espagne concernant la non-commercialisation du gaz fourni à des tiers, visant principalement le Maroc. Ce renforcement des mesures trouve sa source après la restauration des échanges commerciaux avec l’Espagne, suite à un apaisement dans les relations politiques entre les deux pays.

Ce tournant dans la diplomatie commerciale algérienne s’aligne également sur la nomination d’un nouvel ambassadeur en Espagne, marquant la fin d’une interruption diplomatique de plus d’un an et demi, laquelle avait été initialement provoquée par l’appui espagnol à la proposition marocaine d’autonomie au Sahara occidental.

En résumer, la décision économique adoptée par l’Algérie envers le Maroc se matérialise non seulement comme une action économique majeure mais également comme le reflet d’une stratégie politique à long terme, impactant considérablement les équilibres économiques dans la région du Maghreb.

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