La révolution verte des algues marines : comment elles dévorent le CO2 et prennent leur essor en Inde

La révolution verte des algues marines : comment elles dévorent le CO2 et prennent leur essor en Inde

La révolution verte grâce aux algues en Inde

L’essor de l’aquaculture algale

Sur les rivages sud de l’Inde, on assiste à un phénomène remarquable : les femmes de la région, parées de leurs habits traditionnels, s’aventurent dans les eaux de Rameswaram pour récolter ce que l’on nomme la “culture miracle” : les algues rouges. Ces végétaux marins sont réputés pour leur capacité exceptionnelle à capter le dioxyde de carbone, surpassant même celle des forêts terrestres.

Ces maricultures sont le quotidien pour des cultivatrices comme Lakshmi Murgesan, qui travaillent ensemble pour extraire des eaux indiennes jusqu’à 200 kilogrammes d’algues sur des périodes de 45 jours. L’entreprise AquAgri, partenariat public-privé, pilote la mise sur le marché global de ces récoltes. Principalement consommées en Asie de l’Est et du Sud-Est, ces algues trouvent aussi leur place dans des domaines variés allant de la santé à l’énergie renouvelable.

Les bienfaits environnementaux et économiques

Les cultivateurs d’algues bénéficient d’une source de revenus réguliers et participent simultanément à l’assainissement des eaux. De plus, au-delà de son usage alimentaire, la culture algale apporte aussi son lot de bienfaits au niveau environnemental et agricole, en servant par exemple de biostimulants pour les cultures.

Chaque mois, ces efforts permettent à Murgesan de gagner de quoi offrir à ses enfants une éducation, avec un revenu mensuel pouvant atteindre 20.000 roupies. Les algues marines se présentent non seulement comme une solution écologique mais aussi comme un vecteur de développement social.

La diversité des algues et les défis à relever

  • Algues brunes (Phaeophyceae) ou varech
  • Algues vertes (Chlorophyta)
  • Algues rouges (Rhodophyta)

Des études révèlent l’efficacité des algues marines, capable d’absorber jusqu’à cinq fois plus de carbone que les forêts. Néanmoins, ces écosystèmes doivent être gérés avec prudence pour prévenir la surexploitation, comme l’évoque Naveen Namboothri de la Dakshin Foundation. Les collectrices de Rameswaram prennent en compte ce risque en limitant leurs prélèvements à une douzaine de jours par mois et en évitant la saison de reproduction des poissons.

Le potentiel de croissance et les investissements gouvernementaux

L’Inde, ayant un littoral de 8.000 km et étant un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre, envisage d’accroître sa production d’algues actuelle de 30.000 tonnes à plus d’un million de tonnes d’ici 2025. Le gouvernement a implanté une stratégie d’encouragement financier à hauteur de 85 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir ce secteur.

Même si le pays poursuit parallèlement son exploitation de ressources fossiles, le marché mondial des algues offre des perspectives prometteuses : estimé à 12 milliards de dollars en 2019, il pourrait doubler d’ici quelques années, l’Inde et la Chine en étant les principaux acteurs.

Le recours à ces organismes dans l’alimentation du bétail représente également une avancée notable pour réduire l’empreinte carbone de l’agriculture, une donnée corroborée par des recherches du World Food Center.

[Référence: AFP]

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