Comment Julius Baer a-t-elle risqué 606 millions dans l’empire chancelant de René Benko ?

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La situation périlleuse de l’empire de René Benko et l’exposition financière de Julius Baer

La banque Julius Baer se trouve dans une position délicate suite à l’effondrement d’un empire immobilier européen, principalement dû aux difficultés financières de l’investisseur autrichien René Benko. Une source interne a révélé à l’agence AWP que la banque privée suisse avait réservé une provision de 70 millions de francs suisses pour des crédits fin novembre, et cette provision serait étroitement liée à la situation de René Benko.
L’exposition financière de la banque zurichoise à cette affaire atteint 606 millions de francs suisses, somme attribuée à travers trois crédits distincts liés à plusieurs entités au sein d’une même structure européenne. Le détail de ces transactions n’a pas été explicitement cité dans le rapport de la banque.

La délicate financière de Signa

Le groupe Signa rencontre des difficultés en termes de liquidités, à la suite d’un marché de l’immobilier commercial en reflux. Après des acquisitions significatives durant deux décennies, incluant des biens immobiliers stratégiques tels que des grands magasins de luxe en Europe, le groupe fait maintenant face à une épreuve financière. Il semble que Julius Baer ait été un acteur clé dans le financement de ces acquisitions, dont l’achat des grands magasins Globus par René Benko et ses associés.
D’après des informations recueillies par Bloomberg, le groupe chercherait activement à obtenir environ 500 millions d’euros auprès des investisseurs pour tenir ses engagements financiers pour l’année en cours. De plus, un besoin supplémentaire de 1,5 milliard d’euros serait prévu pour couvrir les obligations du premier semestre de l’année suivante.

Evaluation et mesures de protection

Les prêts concédés à Signa sont couverts par des garanties essentiellement associées à des actifs immobiliers commerciaux et au secteur du luxe. Julius Baer a entrepris des démarches afin de sécuriser ses intérêts et de préserver la valeur de ces collatéraux. Le portfolio de prêts concerné doit subir une restructuration, bien que peu de détails soient disponibles à ce sujet.
L’analyste financier Andreas Venditti pointe la question centrale quant à la valeur réelle des garanties détenues par Julius Baer, ainsi que leur potentiel de récupération suite à la restructuration. Il signale que la banque envisage une révision approfondie de ses opérations de dette privée.

Résilience de Julius Baer

Malgré les risques significatifs, la solidité financière de Julius Baer n’est pas menacée par cette situation, d’après les informations fournies par la banque. En cas de perte totale sur ces crédits, Julius Baer maintiendrait un ratio de fonds propres durs au-dessus de 14%, assurant sa rentabilité.

Surveillance réglementaire

La situation suscite également l’attention des autorités de régulation financière. La Finma, l’autorité suisse en charge de la surveillance des marchés financiers, ainsi que la Banque centrale européenne, auraient pris des dispositions pour évaluer les impacts de l’exposition de Julius Baer à cet empire en déclin.
En conclusion, la problématique de René Benko soulève des interrogations importantes sur la gestion des risques et la valeur des actifs immobiliers par les institutions financières dans un contexte économique incertain. La banque Julius Baer, tout en exprimant des regrets concernant les incertitudes occasionnées pour ses actionnaires, maintient un discours rassurant quant à sa capacité à gérer la situation grâce à sa bonne capitalisation.

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