Sead Turcalo, historien : « Poutine utilise les conflits gelés de Bosnie et du Kosovo comme leviers stratégiques contre l’Occident »

Sead Turcalo, historien : « Poutine utilise les conflits gelés de Bosnie et du Kosovo comme leviers stratégiques contre l’Occident »

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En bref :

  • Analyse approfondie d’un phénomène géopolitique où les conflits gelés servent de prétextes et de leviers.
  • Rôle central de Poutine et de la Russie dans la recomposition des rapports entre Balkans et Occident.
  • État des lieux de la Bosnie-Herzégovine trente ans après Dayton et les tensions qui traversent Kosovo et Serbie.
  • Impact sur les relations internationales et les dynamiques UE–OTAN–États-Unis face à Moscow.
  • Entre histoire et actualité, une grille d’analyse proposée par Sead Turcalo, historien et spécialiste des Balkans.

Résumé d’ouverture : Trente ans après les accords de Dayton, le panorama des Balkans est marqué par une ressource géopolitique nouvelle et, pour certaines puissances, par une réactivation stratégique des conflits gelés. Sead Turcalo, historien et doyen de la faculté de science politique à l’université de Sarajevo, observe que les défis qui traverse la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ne se réduisent pas à des différends internes, mais s’inscrivent dans une logique de relations internationales où les grandes puissances testent, affinent et instrumentalisent les mécanismes de dynamisation des tensions afin de peser sur l’agenda occidental. Le point de départ demeure l’accord de Dayton (1995) et sa traduction institutionnelle dans une Bosnie-Herzégovine fragmentée, où l’ethnocratie est devenue la forme permanente de gouvernement. Dans le même temps, les dynamiques du Kosovo et les autres conflits gelés – Karabakh, Transnistrie, Ossétie du Sud – rassemblent une matrice récurrente: des zones qui oscillent entre statut non résolu et potentialités d’interruption des politiques européennes et transatlantiques. Cette lecture ne s’arrête pas à l’analyse descriptive: elle explore les mécanismes par lesquels ces zones deviennent des outils diplomatiques et militaires, plusieurs fois évoqués par les chancelleries et les think tanks comme des “leviers stratégiques” face à l’Occident. L’enjeu est de comprendre comment Moscou peut, à travers ces crises gelées, réduire l’initiative européenne, compliquer l’intégration des Balkans dans les structures euro-atlantiques, et rééquilibrer les rapports de force au sein des relations internationales contemporaines. Les implications pour la sécurité européenne et pour les politiques de dissuasion occidentales ne se limitent pas à des réactions ponctuelles: elles définissent une configuration où les choix sur le soutien, les sanctions, et le contenu des négociations futures seront conditionnés par une perception plus large des lignes rouges et des vulnérabilités de chaque acteur. Dans ce cadre, l’analyse de Sead Turcalo s’appuie sur des sources historiques, des entretiens avec des acteurs balkaniques et des observations récentes sur le terrain, afin d’éclairer les logiques qui sous-tendent les décisions russes et leurs répercussions sur les équilibres régionaux et mondiaux. Cette perspective permet d’aborder non seulement les enjeux immédiats, mais aussi les scénarios à moyen et long terme pour l’architecture européenne et les relations transatlantiques, tout en mettant en évidence les questions sociales, économiques et culturelles qui nourrissent les tensions et les opinions publiques locales. En filigrane, un fil rouge : les conflits gelés sont moins des reliques du passé que des instruments vivants, susceptibles d’influencer les trajectoires démocratiques et les choix de politique étrangère pour les années à venir. (Voir notamment les analyses historiques et les débats contemporains disponibles dans les sources citées, qui donnent accès à une documentation riche et variée.)

Sead Turcalo et l’analyse des conflits gelés comme leviers stratégiques dans les Balkans

La thèse centrale développée par Sead Turcalo consiste à considérer les conflits gelés non pas comme des épisodes clos et résolus par des accords techniques, mais comme des formations dynamiques capables de moduler les décisions des grandes puissances. Dans sa perspective, les zones comme la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ne se réduisent pas à de simples territoires de contestation interne; elles constituent des radeaux de sécurité pour les acteurs internationaux qui cherchent à peser sur l’agenda de sécurité européenne et sur les échéances politiques qui structurent l’OTAN et l’Union européenne. En particulier, Poutine serait, selon Turcalo, amené à instrumentaliser ces zones pour tester la cohérence et la réactivité de l’Occident, mettant à l’épreuve des cadres tels que le droit international, les sanctions et les mécanismes de négociation. Pour comprendre cette logique, il est nécessaire de revenir sur les mécanismes historiques qui ont façonné les conflits dans les années 1990 et leurs prolongements post-Dayton. L’analyse montre que les orientations nationales serbes et croates en Bosnie se coordonnent d’une manière qui garde vivante une partition de facto du territoire, tout en cherchant à dessiner une réallocation des atouts politiques à travers des réformes électorales et des dynamiques de reconnaissance internationale. Dans ce cadre, les Sources et les débats en ligne, y compris les contributions du Monde et les analyses associées, offrent une plateforme pour explorer les façons dont ces dynamiques s’articulent avec les évolutions récentes dans les Balkans et les rapports avec l’Occident. Cette approche est soutenue par une consultation des travaux historiques et des entretiens menés sur le terrain, qui permettent de relier les questions de mémoire collective, d’identité nationale et d’accès à l’Europe à des choix concrets de politique étrangère. Des exemples concrets issus des archives et des études modernes montrent que les tensions ethniques peuvent être politisées à des fins de négociation, tout en fragilisant l’ancrage démocratique dans des sociétés marquées par des expériences traumatiques. Dans ce sens, le cadre théorique proposé par Turcalo s’appuie sur une interprétation de l’histoire des Balkans qui voit les conflits gelés comme des ressources discursives et opérationnelles plus que comme des tels.ready-to-resolve dilemmas. Guerre de Bosnie-Herzégovine et les analyses qui y font référence permettent de replacer ces dynamiques dans une grille historique robuste. Par ailleurs, les réflexions présentées dans les entretiens du Jean-Jaurès et les articles du Monde enrichissent ce cadre par des perspectives croisées. Dans l’analyse, les questions posées ne s’arrêtent pas à une cartographie des loyautés ethniques, mais interrogent les mécanismes de médiation et de coopération internationale qui pourraient débloquer des situations aujourd’hui verrouillées. À travers ce prisme, les interactions entre les acteurs régionaux et les grandes puissances se lisent comme une partition complexe où chaque voix cherche à préserver son pouvoir de négociation et sa marge d’action. Pour poursuivre la réflexion, des lectures complémentaires, dont les études détaillées dans une collection dédiée aux conflits gelés, offrent des analyses historiques et théoriques qui permettent d’appréhender les implications à la fois locales et globales des stratégies employées par les acteurs internationaux. En définitive, Turcalo invite à un recalibrage des approches en géopolitique qui intègrent les dimensions mémorielles, juridiques et économiques des Balkans comme une composante majeure de la sécurité européenne contemporaine. Cette perspective met en lumière les enjeux d’une coopération plus structurée et durable, capable de transformer les « conflits gelés » en véritables lieux de négociation et de stabilité.

Les mécanismes historiques et les preuves empiriques des conflits gelés

Pour comprendre l’argumentation, il est utile de replonger dans les mécanismes qui ont façonné les Balkans après 1995. Le cadre Dayton a enclenché une architecture institutionnelle qui, loin d’unifier le pays, a instauré une forme de fédéralisme complexe et de veto mutuel entre les entités. Cette configuration a favorisé une « démocratie à double entrave », où les consensus exigent une coalition fragile entre les communautés serbe, bosniaque et croate. Turcalo insiste sur le fait que, même si l’accord a mis fin à des hostilités directes, il a aussi cristallisé des mécanismes de partition qui se réactivent lorsque les pressions externes augmentent. En parallèle, les dynamiques en Kosovo et les demandes d’indépendance et de reconnaissance internationale continuent d’alimenter des brouillages diplomatiques qui ont des répercussions directes sur les négociations européennes. Des analyses publiées dans les Cahiers de Conflits et d’autres revues spécialisées récapitulent des exemples empiriques où la menace d’un retour à la violence pousse les acteurs à chercher des compromis fragiles plutôt que des solutions durables. Pour illustrer ces notions, une variété de sources permet de suivre les chaînes interplay entre mémoire, droit international et politiques économiques qui conditionnent les décisions sur la reconnaissance, les investissements publics et privés, ainsi que les réformes institutionnelles. Parmi les éléments observables, les motifs liés à l’éducation, à l’identité et à la citoyenneté jouent un rôle crucial dans la manière dont les populations perçoivent les mesures de normalisation, de même que les mécanismes de contrôle et de monitoring qui accompagnent les accords partiels. Des indicateurs économiques et de sécurité, tels que les budgets alloués à la sécurité intérieure, les programmes de réconciliation et les réformes juridiques, offrent des preuves tangibles des effets des politiques publiques sur le terrain et de leur capacité à prévenir une reprise des violences. Cette approche permet de relier les dynamiques locales à des cadres nationaux et internationaux, soulignant l’importance de la coopération entre les acteurs régionaux et les institutions internationales pour prévenir l’escalade et promouvoir une stabilité durable dans l’espace balkaniques.

  1. Fragmentation institutionnelle et veto croisé comme obstacles à la réforme
  2. Rôle des politiques éducatives et narratives publiques dans la construction identitaire
  3. Interaction entre sécurité, économie et intégration européenne comme pivot stratégique
  4. Rapprochements ou blocages diplomatiques: les jeux d’alliance et les pressions extérieures
  5. Évolutions récentes liées à 2025 et perspectives pour les années suivantes

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Bosnie-Herzégovine, trente ans après Dayton : l’ethnocratie comme cadre durable

La Bosnie-Herzégovine est au cœur de l’analyse, car elle illustre parfaitement la manière dont un accord de paix, destiné à stabiliser une région meurtrie, peut durablement figer des dynamiques politiques et sociales. L’observation de Sead Turcalo est claire : l’ethnocratie n’est pas un état éphémère, mais une architecture qui persiste et s’adapte, alimentant des rivalités et des blocages au niveau de la gouvernance. Cette réalité se manifeste notamment à travers les structures de l’État qui exigent des consensus interethniques pour toute décision majeure, limitant les marges de manœuvre des autorités locales et entravant les réformes économiques et administratives. Sur le plan sociologique, les identités communautaires restent des vecteurs puissants de mobilisation et de recrutement politique, alimentant des cycles de méfiance mutuelle. Les données disponibles sur le terrain montrent une persistance des priorités communautaires dans le système éducatif, l’accès à l’emploi et les services publics, ce qui fragilise les perspectives d’intégration européenne et peut, dans un contexte de crise économique ou géopolitique, nourrir des scénarios de régression. En termes de sécurité, la Bosnie présente une capacité de rétention des tensions grâce à des mécanismes de coopération régionale et internationale, mais ces instruments restent fragiles face à des pressions extérieures intenses. Les analyses récentes décrivent une situation qui, tout en évitant un retour au conflit armé à grande échelle, conserve des germes de conflit latent, capables de s’activer en cas de détérioration économique, de polarisation politique ou d’ingérence étrangère ciblée. Dans ce cadre, l’électronique et les technologies de surveillance deviennent des instruments de protection et de contrôle, mais elles ne suffisent pas à résoudre les problèmes structurels qui minent la cohésion sociale et la confiance entre communautés. Pour appréhender cette complexité, il convient d’examiner les dynamiques historiques et les récits publics qui alimentent les perceptions des citoyens, tout en cherchant des mécanismes de médiation plus efficaces et plus transparentes. Des analyses complémentaires, comme les travaux publiés dans les revues spécialisées et les vidéos d’entretiens publiées sur diverses plateformes, permettent d’explorer les voies possibles pour une intégration européenne plus rapide et plus fiable, tout en reconnaissant les limites imposées par la géopolitique régionale et les équilibres de pouvoir. Le débat public autour des réformes électorales et des révisions constitutionnelles demeure central pour évaluer les chances d’une maturation démocratique et d’un partage du pouvoir plus équilibré dans les années à venir. Pour enrichir la compréhension, des références historiques et des cas comparatifs, consultables via des sources comme Les enjeux frontaliers des Balkans, apportent des éclairages supplémentaires sur l’interaction entre identité, territoire et institutions. Encore une fois, la leçon est claire : la stabilité durable exige, au-delà des mécanismes juridiques, une culture politique inclusive et soutenable face à des dynamiques externes mouvantes. Dans ce sens, l’examen des expériences balkaniques dans le passé et le présent éclaire les choix à venir et les défis qui restent à relever pour la maturation démocratique. Le rôle des acteurs internationaux est ici déterminant pour encadrer les transitions, soutenir les réformes et éviter que les tensions ne se réactivent sous forme de crise ouverte. Les sources consultables, notamment les publications et les débats autour du Dayton et des réformes électorales, offrent des repères utiles pour situer les évolutions à venir et les enjeux d’un processus d’intégration plus efficace.

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Kosovo, Crises non résolues et dynamiques régionales face aux leviers occidentaux

Le Kosovo demeure un élément clé pour comprendre les calculs stratégiques autour des Balkans et les réactions des grandes puissances dans le cadre d’un ordre international en reconfiguration. Dans l’optique de Turcalo, ce territoire ne représente pas uniquement une dispute territoriale; il incarne une logique où les solutions partielles et les statuts de reconnaissance peuvent être mobilisés pour montrer les capacités d’influence de Washington et des capitales européennes. L’argument est que, même en l’absence d’un règlement définitif du statut du Kosovo, les acteurs internationaux s’appuient sur des cadres juridiques et diplomatiques pour avancer des objectifs plus larges en matière de sécurité régionale et de stabilité. Cette dimension est confrontée à des positions nationales qui varient selon les contextes politiques internes, les cycles électoraux et les pressions économiques, ce qui peut conduire à une fluctuation des engagements internationaux et des garanties de sécurité. L’évolution du Kosovo sur les plans administratif et économique est également un indicateur important des capacités régionales à absorber des chocs externes et à prévenir les retours de violence. Dans ce cadre, les échanges entre les acteurs locaux et les institutions internationales jouent un rôle déterminant pour la consolidation des réformes publiques, la transparence des institutions et la crédibilité du processus démocratique. Des sources complémentaires, comme le dossier sur les crises non résolues du Kosovo publié par la Revue Conflits, et les analyses présentées par la Fondation Jean-Jaurès, offrent des perspectives utiles pour contextualiser ces dynamiques et pour comprendre les défis qui subsistent en matière d’intégration régionale et de stabilité politique. Par ailleurs, l’angle d’analyse proposé par Turcalo met en lumière la manière dont les conflits gelés peuvent être instrumentalisés non seulement pour faire pression sur l’Occident, mais aussi pour tester sa solidarité et ses capacités d’action. Dans ce sens, les lectures et les débats autour de la guerre russo-ukrainienne et de ses implications dans les Balkans, comme décrits dans les entretiens du Monde et les analyses associées, permettent d’évaluer les risques et les opportunités qui se présentent pour les années à venir. La dynamique Kosovo-Serbie demeure un test de résilience pour les institutions européennes et pour les mécanismes de médiation qui, s’ils échouent, pourraient provoquer une ré-activation des violences et une détérioration rapide de la situation. Pour nourrir la réflexion, les lecteurs peuvent se référer aux publications du Kosovo: un territoire aux crises non résolues et à d’autres ressources en ligne qui décrivent les mécanismes d’escalade ou de stabilisation à l’échelle régionale. Enfin, les perspectives à long terme exigent une cohérence stratégique entre les objectifs européens et les engagements internationaux afin de préserver un ordre international fondé sur le droit et la sécurité collective, tout en évitant que les crises gelées ne deviennent des foyers de conflit durable ou des obstacles à l’élargissement et à l’intégration des Balkans dans l’Union européenne.

Tableau: Conflits gelés et leviers géopolitiques (extraits et résumé)

Conflit geléLieuÉléments clefsLevier potentiel
Bosnie-HerzégovineBosnieEthnocratie, Dayton, stabilité fragileNégociation, pression économique
KosovoKosovoReconnaissance, statut non définitifInfluence diplomatique, sécurité régionale
TransnistrieMoldavieGéopolitique frontalière, séparationÉquilibre entre partenaires européens et russes
KarabakhArménie/AzerbaïdjanConflit historique, contrôle territorialMoniteur de droit international, stabilité régionale
  1. Les États européens intègrent les Balkans dans leur horizon stratégique, mais les délais de coopération restent un enjeu majeur.
  2. Les institutions internationales doivent assurer une médiation crédible pour éviter l’escalade et instaurer des mécanismes de confiance.
  3. Les dynamiques économiques et sociales locales conditionnent fortement les décisions publiques et les perceptions de légitimité.
  4. Les acteurs régionaux jouent un rôle clé en matière de sécurité et de stabilité, mais restent dépendants des équilibres internationaux.

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Implications pour l’Occident et les relations internationales en 2025 et au-delà

La perspective de Sead Turcalo met en évidence que les relations internationales et la configuration des puissances mondiales évoluent autour d’un ensemble de réalités interdépendantes. Le rôle des États-Unis et des pays européens est constamment réévalué face à une Russie qui ne renonce pas à son instrument de pression sur les Balkans. Dans ce cadre, les leviers stratégiques ne se réduisent pas à des actions militaires ou des sanctions pures et simples, mais s’inscrivent dans des dynamiques économiques, narratives et juridiques. L’objectif est de préserver la cohésion de l’UE et l’unité des alliances transatlantiques tout en gérant des zones de conflit gelé qui pourraient servir de points de friction future. L’argument central est que les conflits gelés ne sont pas des zones mortes: ils constituent des espaces où les messages politiques et les signaux de puissance peuvent être extraits par chaque acteur afin de démontrer sa compétitivité et ses capacités de négociation. Dans ce sens, l’analyse souligne l’importance d’une approche multiforme qui combine la diplomatie, les mécanismes de coopération régionale et les outils économiques pour stabiliser les Balkans, tout en évitant les pièges de l’ingérence et de la militarisation accélérée. Les défis pour l’Occident incluent également la nécessité d’un renforcement des capacités locales en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo, afin de favoriser des institutions publiques plus transparentes et plus résilientes. À l’échelle internationale, la coopération avec les partenaires régionaux et la collaboration au sein des organisations internationales demeurent essentielles pour anticiper les scénarios futurs et pour élaborer des politiques coordonnées qui limitent les marges de manœuvre des acteurs qui cherchent à déstabiliser la région. Les débats autour du rôle des médias, de la communication publique et des narratifs nationaux jouent aussi un rôle crucial, car ils influent sur les perceptions des populations et sur leur soutien aux réformes et aux processus de paix. L’argumentaire de Turcalo est que les conflits gelés, loin d’être de simples vestiges, représentent un cadre dynamique qui nécessite une vigilance continue et une approche stratégique adaptée à la complexité croissante des relations internationales. Pour approfondir cette dimension, les lecteurs peuvent consulter les analyses associées dans le Monde et les travaux académiques cités plus haut, qui proposent des cadres pour comprendre les évolutions et les choix possibles face à une logique de puissance en mutation. Enfin, un regard transnational est nécessaire pour mesurer l’impact des conflits gelés sur les routes commerciales, les flux migratoires et les investissements, car ces dimensions, en retour, influencent les décisions des gouvernements et des institutions internationales.

Réponses possibles et scénarios pour l’avenir des Balkans et de l’Europe

Face à la complexité des enjeux, plusieurs scénarios se dessinent, chacun comportant des risques et des opportunités. Le premier scenario privilégie une intensification des mécanismes de médiation régionale et de coopération économique pour renforcer la résilience des institutions bosniaques et kosovares. Cela impliquerait une coordination accrue entre les autorités locales, les institutions européennes et les organisations internationales, ainsi que des programmes de réformes axés sur la justice transitionnelle, l’éducation civique et le développement économique. Le deuxième scénario s’attache à une stratégie de dissuasion plus robuste de l’OTAN et des partenaires européens, combinant des mesures de sécurité renforcée et un cadre de sanctions plus ciblé pour les acteurs qui menacent la stabilité régionale. Un troisième scénario mettrait l’accent sur l’intégration accélérée des Balkans dans l’Union européenne tout en adaptant les instruments de politique régionale et les mécanismes de financement pour permettre des avancées concrètes et mesurables sur le terrain. Le quatrième scénario explore des options de coopération multinationale qui incluent des acteurs non européens afin d’élargir la base de soutien et de partager les charges liées à la sécurité régionale. Dans tous les cas, il est essentiel d’éviter que les conflits gelés ne deviennent des lignes de fragmentation définitives, et de promouvoir des voies de réconciliation qui tiennent compte des mémoires et des identités, mais qui privilégient également la coopération et le développement. L’analyse historique, enrichie par les données et les réflexions contemporaines, suggère que des efforts constants pour favoriser la stabilité et l’inclusion peuvent produire des résultats durables et permettre une intégration européenne plus fluide pour les années à venir. Pour approfondir ces questions, d’autres ressources, dont des analyses spécialisées et des débats publics, offrent des cadres d’évaluation et des zincs sur l’avenir des Balkans et le rôle déterminant de l’Occident dans ce processus. Le lecteur est invité à suivre les publications récentes pour suivre les évolutions et les ajustements qui surviendront dans les prochains mois et années. Parmi les sources utiles, on peut citer les travaux publiés par les revues spécialisées et les analyses sur les conflits gelés dans les Balkans mais aussi les discussions sur les enjeux frontaliers et sécuritaires qui demeurent au cœur des préoccupations des décideurs et des citoyens européens.

Pour compléter le panorama, plusieurs ressources et analyses complémentaires permettent d’élargir la compréhension et d’illustrer les dynamiques, notamment les correspondances entre les Balkans et les politiques internationales plus larges. Par exemple, le dossier consacré à la Bosnie-Herzégovine sur l’encyclopédie en ligne offre une base historique solide, tandis que les pages de Le Monde présentent les analyses les plus récentes sur ce sujet. D’autres sources académiques, comme cet ouvrage consacré aux conflits gelés, permettent de situer les concepts dans un cadre théorique plus large. Pour ceux qui souhaitent une perspective plus institutionnelle, Jean-Jaurès et les publications de France Info offrent des points de vue variés sur l’interdépendance des crises et les mécanismes de puissance. Par ailleurs, les analyses du Kosovo et les crises qui subsistent autour du territoire sont abordées dans La Revue Conflits, qui propose une série d’articles et de réflexions sur les dynamiques de résolution ou de non-résolution. Enfin, les questions frontalières et les défis économiques des Balkans sont traités par Lycée de l’Europe, qui met l’accent sur les enjeux de coopération régionale et les perspectives d’intégration européenne.

La synthèse proposée par Sead Turcalo se retrouve renforcée par les analyses et les sources citées ci-dessus, qui permettent d’approcher les Balkans comme un espace où l’histoire et la politique s’entrelacent de manière inextricable. Cette approche met en évidence les risques et les opportunités liés à l’utilisation des conflits gelés comme outils de pouvoir, mais elle souligne aussi le potentiel de politiques publiques et de dialogues multilatéraux pour favoriser une stabilité durable et une réconciliation réelle dans les années qui viennent. En fin de compte, il s’agit d’examiner comment les leçons du passé peuvent éclairer les choix présents et futurs, afin d’éviter les récidives violentes et de promouvoir des cadres de coopération qui renforcent la sécurité et la prospérité dans la région et au-delà.

Qu’entend-on par conflits gelés dans le contexte balkaniques ?

Les conflits gelés désignent des différends internationaux non résolus qui restent en suspens sans escalade militaire active, mais qui peuvent être réactivés par des facteurs externes ou internes. Bosnie-Herzégovine et Kosovo représentent des exemples où le statut politique et les questions de reconnaissance compliquent la stabilité à long terme.

Comment Poutine utilise ces conflits selon Sead Turcalo ?

Selon l’historien, la Russie peut instrumentaliser ces zones comme leviers pour influencer l’Occident, tester la solidarité transatlantique et peser sur les dynamiques d’intégration européenne, tout en renforçant sa propre position dans la région et au niveau international.

Quelles implications pour l’UE et l’OTAN ?

Les Balkans restent un terrain crucial pour l’Europe: stabilité, sécurité et autonomie stratégique dépendent d’un engagement communautaire soutenu, d’un cadre de négociation crédible et d’un soutien économique et institutionnel suffisant pour les réformes.

Quelles pistes de solution pour la Bosnie et le Kosovo ?

Renforcer les mécanismes de médiation, accélérer les réformes démocratiques et économiques, et dynamiser les cadres de coopération régionale tout en préservant la souveraineté et les droits civiques des populations locales.

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