L’utilisation de la technologie laser pour préserver les pigments des grandes œuvres d’art

La technologie laser, alliée incontournable de la préservation des chefs-d’œuvre ! Découvrez comment elle protège avec précision les pigments des grandes œuvres d’art dans cet article captivant.
La dégradation des pigments jaunes dans les œuvres d’art
Les couleurs vives et éclatantes des chefs-d’œuvre de l’art, telles que *Le Cri* (1893) d’*Edvard Munch* et *La Joie de vivre* (1905-1906) d’*Henri Matisse*, peuvent perdre de leur superbe au fil du temps. Les scientifiques ont découvert que le sulfure de cadmium, un composé chimique utilisé pour créer un pigment jaune vif très apprécié des artistes du XIXe et XXe siècle, subit des transformations sous l’effet de la lumière, de l’humidité et de la poussière, entraînant ainsi une perte de son éclat d’origine.
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La spectroscopie à pompe-sonde : une solution novatrice
Une équipe de chercheurs de l’université Duke (États-Unis) a mis au point une technique innovante pour détecter précocement les signes de détérioration des pigments, sans endommager les œuvres d’art. Dans une étude publiée le 26 avril 2024 dans le *Journal of Physics: Photonics*, ils présentent la spectroscopie à pompe-sonde comme une solution non invasive reposant sur des impulsions laser ultrarapides. Ces impulsions de lumière, comme l’explique Yue Zhou, doctorante du Département de chimie de l’université de Duke, mesurent l’interaction des lasers avec les pigments, permettant ainsi d’identifier les composés présents.
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Un suivi microscopique de la dégradation
Pour tester l’efficacité de leur technique, les chercheurs ont appliqué des pigments de sulfure de cadmium mélangés avec de l’huile de lin sur des lames de microscope. Les échantillons ont ensuite été soumis à différentes conditions d’exposition à la lumière et à l’humidité, afin de suivre à l’échelle microscopique la dégradation de la couleur jaune. Grâce à la spectroscopie à pompe-sonde, ils ont pu observer les changements chimiques dans les pigments, responsables de la perte d’éclat et de la transformation en sulfate de cadmium blanc.
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Vers une préservation optimisée des chefs-d’œuvre artistiques
En créant des cartes 3D des pigments et en surveillant les modifications même à des échelles microscopiques, les conservateurs d’art pourraient bientôt bénéficier d’un outil supplémentaire pour suivre l’évolution des toiles et prendre les mesures nécessaires pour ralentir ou arrêter le processus de dégradation.
Les chercheurs espèrent pouvoir développer une version moins encombrante et plus abordable de cette technologie laser. Ainsi, les musées pourraient en profiter directement pour préserver leurs précieuses collections, sans avoir besoin de transporter les œuvres sensibles vers des laboratoires.
En somme, la technologie laser ouvre de nouvelles perspectives dans la préservation des pigments des grandes œuvres d’art, offrant un espoir de pouvoir transmettre aux générations futures le témoignage de l’histoire de l’art dans toute sa splendeur.
